DES VISAGES DE L'HUMANITÉ


Philosopher avec les enfants d’une école des quartiers chics de Paris, puis dans une petite école d’un village des montagnes du Jura, franchir les multiples portes d’une prison y philosopher avec des caïds fragiles comme des petits enfants quand le vernis s’effrite, grimper une route en lacets et se retrouver dans un hameau perdu, rencontrer des agriculteurs et philosopher sur les questions que pose un vieux conte chinois, se demander avec eux si accepter le sort qui nous est fait c’est être passif ou actif.

Garer la Philomobile au bord d'un pré, dormir, être réveillée par les clarines des vaches.

Ici et là des humains qui se ressemblent par les inquiétudes qui les habitent : peur du jugement des autres, peur de ne pas être aimés, peur du néant et de l’insignifiance. Des humains semblables aussi par les désirs qui accompagnent ces peurs : désirs d’être reconnu, désir d’être aimé, désir d’être important.

Mais les humains ne se ressemblent pas toujours dans leur façon de faire face à ces inquiétudes et à ces désirs. Certains mettent la barre très haut, trop haut. Parfois, s’ils sont riches et reconnus, leur peur de perdre se redouble, ils ont un statut à tenir ! Dans une école chic de Paris des enseignants veulent faire lire un texte inspiré des Lettres Persanes de Montesquieu à des enfants de 4 ans. Il faut tenir ferme le dessus du pavé et l’inquiétude fatigante de perdre de sa hauteur se transforme vite en mépris. Mépris subi, mépris infligé, difficile de trouver la voie de sortie de ce fonctionnement pourtant désagréable.

En prison, l’image à défendre est déjà bien écornée et finalement on s’en libère assez vite, on finit par en rire. Puisqu’on est déjà tombé bien bas, n’y pensons plus le temps de l’atelier et laissons-nous aller à interpréter et à proposer des hypothèses sur une histoire zen, une histoire venue d’ailleurs où l’on parle de moine et de samouraï.

Quant aux petits enfants des montagnes qui courent après les poules ou les vaches autour de l’école, ils proposent l’idée que l’on n’a pas besoin de grand chose quand on peut contempler la beauté.

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