Les peurs que nous ne voulons pas voir
Lors du stage de pratique philosophique à Marseille que nous avons consacré à la question « Faut-il écouter ses peurs ou les dépasser ? », un fait nous a d’abord amusées : seules des femmes, une dizaine, s’étaient inscrites. La rencontre n’avait pourtant nullement été pensée comme un stage non mixte. Était-ce parce que les hommes ont moins peur ? Ou parce qu’ils ont davantage de difficulté à reconnaître leur peur ? Nous y reviendrons, car certaines peurs sont peut-être d’autant plus puissantes qu’elles ne sont pas reconnues comme telles.
Reconnaître sa peur, en effet, ce n’est pas seulement nommer une émotion désagréable. C’est parfois reconnaître sa vulnérabilité, son incertitude, son besoin des autres, ou simplement le fait que certaines situations nous échappent. Or tout un imaginaire social associe la maîtrise, l’assurance et l’absence apparente de peur à une certaine idée de la force. Il peut alors devenir plus facile de nier la peur que de chercher à comprendre ce qu’elle révèle.
C’est cette piste que nous avons explorée pendant ces deux journées. La peur n’est pas seulement une réaction immédiate face à un danger identifiable. Elle peut aussi devenir une tendance plus discrète qui oriente nos comportements, nos choix, nos relations et parfois jusqu’à notre manière d’habiter le monde. Nous savons généralement ce que nous faisons, mais beaucoup moins clairement pourquoi nous le faisons. Nous pouvons vouloir réussir, contrôler, plaire, convaincre, nous faire discrets, nous protéger ou nous rendre indispensables sans toujours percevoir ce qui nourrit ces attitudes. Derrière certaines d’entre elles peuvent se loger des peurs : peur de ne pas être aimé, peur de manquer, peur d’être abandonné, peur d’être bête, peur de dépendre, peur de perdre, peur de ne pas être reconnu ou, plus radicalement, peur de mourir.
Une première question apparaît alors : et si une part importante de nos comportements était moins orientée par ce que nous voulons que par ce que nous cherchons à éviter ?
Spinoza : savons-nous ce qui nous détermine ?
Cette hypothèse rejoint une idée centrale de Spinoza. Les êtres humains, explique-t-il, se croient libres parce qu’ils ont conscience de leurs actions, mais ils ignorent souvent les causes qui les déterminent. Nous éprouvons donc facilement nos décisions comme spontanées ou volontaires alors qu’elles prennent place dans un ensemble d’affects, d’habitudes, d’attachements, de représentations et de désirs dont nous n’avons qu’une connaissance partielle. Certaines peurs peuvent faire partie de ces déterminations.

De Spinoza nous pouvons retenir cette idée générale : nous ne savons pas toujours clairement ce qui nous affecte ni ce qui oriente nos conduites. Nous connaissons les effets produits en nous, mais beaucoup moins les causes qui les produisent. Nous recevons un événement, un geste, une parole, un silence, puis nous l’interprétons. Peu à peu, cette interprétation généralement trop rapide et superficielle peut s’imposer à nous comme une évidence.
Prenons une situation simple. Une personne doit prendre la parole devant un groupe et ressent une forte appréhension. Elle dira peut-être : « J’ai peur de parler en public. » Mais cette formulation ne nous apprend encore presque rien. De quoi a-t-elle précisément peur ? De se tromper ? De perdre ses mots ? D’être jugée ? De paraître inintéressante ? De ne pas sembler suffisamment intelligente ? De se voir soudain comme elle n’a pas envie de se voir ? À mesure que l’on interroge la peur, son objet se déplace.
Autre exemple, une personne reçoit un message très bref de quelqu’un qu’elle aime. Elle pense aussitôt : « Il est froid, il s’éloigne de moi. » Elle éprouve alors de l’inquiétude, de la tristesse ou de la jalousie. Pourtant, elle ignore largement les causes qui ont conduit l’autre à écrire ce message ainsi. Il peut être fatigué, pressé, préoccupé par autre chose. Mais cette ignorance est rapidement comblée par une interprétation. La personne ne réagit donc plus seulement au message, mais à la signification qu’elle lui a attribuée.
Douleur et souffrance : quand nos représentations prolongent la douleur
Nous découvrons ainsi que nous pouvons être les auteurs de la souffrance qui nous affecte. Il faut ici distinguer la douleur et la souffrance. La douleur vient de la réalité : une perte, une blessure, un échec, une séparation ou une humiliation peuvent réellement nous atteindre. Elle n’est pas une invention de notre esprit et il ne s’agit pas de la nier. Mais la souffrance désigne ce que nous ajoutons à cette douleur par nos interprétations, nos jugements et les conclusions que nous en tirons. Nous ne nous contentons pas d’éprouver ce qui arrive : nous lui attribuons une signification, nous le rapportons à notre histoire, nous l’anticipons, nous le généralisons. La réalité peut nous atteindre ; mais il arrive souvent que nous amplifions, que nous prolongions ou transformions ce qu’elle produit en nous.
Quelqu’un qui échoue à une tâche peut de même conclure : « Je ne suis pas à la hauteur. » Il transforme un échec particulier en jugement global sur lui-même. Une personne qui a connu le manque peut continuer à vivre dans la crainte que tout disparaisse demain, même lorsque sa situation a profondément changé. Une personne qui a été humiliée publiquement peut en venir à penser qu’il faut désormais éviter toute prise de parole, toute exposition et toute situation où elle risquerait d’être regardée.
Il faut ici distinguer deux choses. Une peur peut avoir une cause parfaitement réelle sans que toutes les conclusions que nous en tirons soient adéquates. Celui qui a réellement été humilié n’a pas « imaginé » l’humiliation. Il a éprouvé une douleur réelle. Mais s’il conclut qu’il ne faut désormais jamais prendre la parole, il ajoute à cette expérience une interprétation qui transforme un événement singulier en règle générale de conduite. Ce n’est donc pas la douleur initiale qui pose problème. C’est la souffrance que nous construisons à partir d’elle. Et cette souffrance peut alors nourrir une peur plus générale : la peur de revivre l’humiliation, d’être à nouveau exposé ou de subir le même jugement. Pour ne plus ressentir cette peur, nous pouvons mettre en place des stratégies d’évitement qui finissent par limiter notre existence.
Quand nos stratégies d’évitement deviennent nos prisons
C’est ici que se trouve probablement le cœur du problème : la peur elle-même n’est pas nécessairement ce qui nous enferme ; ce sont les constructions existentielles élaborées pour ne plus jamais avoir peur qui le deviennent.
Nous inventons des stratégies pour nous protéger de ce que nous redoutons. Certaines sont utiles et même nécessaires. Mais elles peuvent progressivement se généraliser, devenir automatiques, puis structurer notre existence. Celui qui redoute l’intrusion peut apprendre à tenir les autres à distance, à se fermer au dialogue, à ne pas s’exposer et à préserver jalousement son espace. La stratégie protège. Mais elle peut aussi finir par produire un enfermement que la personne n’avait pas réellement choisi.
Celui qui craint d’être dominé peut rechercher une indépendance absolue, refuser l’influence d’autrui, les conseils, les compromis ou toute forme de dépendance. Il croit ainsi préserver sa liberté. Pourtant, si toute son existence s’organise autour de la nécessité de ne jamais être dominé, il reste encore déterminé par ce qu’il cherche à éviter. La peur gouverne précisément au moment où il croit lui avoir échappé.
Celui qui redoute de ne pas être aimé peut continuellement s’adapter aux attentes des autres, anticiper leurs désirs, éviter de déplaire et taire ses désaccords. Il obtient peut-être ainsi davantage d’approbation, mais au prix d’une difficulté croissante à savoir ce qu’il veut lui-même. Celui qui craint l’échec peut réduire progressivement ses ambitions afin d’être certain de ne jamais échouer. La stratégie atteint son but : l’échec devient improbable. Mais l’existence s’est entre-temps rétrécie.
Ces exemples montrent aussi qu’une même peur peut produire des comportements différents, parfois opposés. La peur du jugement peut conduire à parler beaucoup pour démontrer sa valeur, ou au contraire à ne presque plus parler pour ne pas s’exposer. La peur de l’abandon peut pousser à s’accrocher aux autres, mais aussi à rompre avant d’être quitté. La peur d’être dominé peut produire une attitude autoritaire, parce qu’on cherche constamment à garder l’ascendant, ou un retrait radical des relations trop engageantes.
Enquêter sur ses propres peurs
Le comportement visible devient alors un indice qui permet de construire une hypothèse. La pratique philosophique fonctionne ici un peu comme une enquête. L’enquêteur ne sait pas d’avance ce qui s’est passé ; il observe des signes, formule des hypothèses, les confronte entre elles et cherche celles qui permettent d’expliquer le plus rigoureusement les faits. De la même manière, une attitude, une répétition, un mot employé plusieurs fois ou une contradiction peuvent indiquer qu’une peur est peut-être à l’œuvre.
Si une personne cherche sans cesse à montrer qu’elle est intelligente, on peut poser l’hypothèse qu’elle redoute particulièrement d’être perçue comme stupide. Si quelqu’un au contraire s’efforce de passer inaperçu, on peut se demander ce que représenterait pour lui le fait de déranger. Si une personne revendique constamment son indépendance, il peut être pertinent de l’interroger sur ce qu’elle imagine perdre lorsqu’elle dépend de quelqu’un.
Le désir, l’attachement et la peur de perdre
La peur entretient également un rapport intéressant avec le désir. Nous désirons être aimés, reconnus, compris, écoutés, réussir, posséder ou conserver ce à quoi nous tenons. Or tout désir nous expose aussi à une possibilité de frustration ou de perte. Si je désire être reconnu, je peux craindre de ne pas l’être. Si je désire être aimé, je peux craindre de perdre cet amour. Même chose si je désire être écouté ou compris. Si je tiens fortement à une position, un bien, une relation ou une image de moi-même, leur disparition devient une menace possible.
Le problème n’est pas de désirer être aimé, reconnu, écouté ou compris. Il commence lorsque la satisfaction de ces désirs devient une condition de notre tranquillité ou de notre capacité à agir. Je remets alors à autrui une partie du pouvoir de déterminer mon état : si j’ai besoin d’être reconnu pour me sentir légitime, compris pour supporter mon désaccord avec l’autre ou aimé pour me sentir digne d’amour, je rends mon équilibre dépendant de circonstances qui ne sont pas en mon pouvoir. C’est aussi la question que pose un autre texte de ce journal : faut-il ne rien attendre des autres ?
C’est ici que certaines traditions bouddhistes apportent un éclairage particulièrement radical : l’attachement à ce que nous désirons peut devenir une source de souffrance précisément parce que ce que nous possédons reste fragile, changeant et susceptible de disparaître. Ce n’est donc pas seulement l’absence de ce que nous désirons qui nous fait souffrir. Le fait même de le posséder peut engendrer la peur de le perdre.
Cela ne signifie évidemment pas que tout désir serait mauvais ni qu’il faudrait devenir indifférent à tout. Mais il peut être fécond d’examiner l’envers d’un désir : qu’est-ce qui m’effraie dans le fait de ne pas obtenir ce que je désire ? Et qu’est-ce qui m’effraie dans la possibilité de le perdre une fois que je l’ai obtenu ?
Quand la peur fabrique ce qu’elle redoute : la prophétie autoréalisatrice
Cette interrogation met en évidence une autre dimension de la peur : elle peut contribuer à produire ce qu’elle cherche précisément à éviter.
On parle parfois de prophétie autoréalisatrice. Celui qui a peur de ne pas être aimé peut chercher continuellement des preuves d’affection, interpréter les silences comme des signes de rejet, se montrer excessivement susceptible, demander sans cesse à être rassuré ou au contraire s’effacer continuellement pour conserver l’approbation de l’autre. Ces comportements peuvent finir par fatiguer ou éloigner les personnes qui l’entourent. Leur éloignement devient alors la confirmation de la peur initiale : « Je savais bien qu’on finirait par ne plus m’aimer. »
Le mécanisme est circulaire : une peur produit une interprétation ; cette interprétation produit une conduite ; la conduite transforme la relation ; la réaction d’autrui semble alors confirmer la représentation initiale.
On retrouve le même phénomène avec la peur d’être dominé. Une personne persuadée que les autres cherchent toujours à prendre le pouvoir peut adopter une attitude défensive ou agressive. Son comportement provoque alors davantage de rapports de force. Elle en conclut : « Vous voyez bien qu’il faut se méfier des autres. » La stratégie de protection contribue ainsi à créer le monde dont elle voulait se protéger.
La question n’est donc plus seulement : « De quoi ai-je peur ? » Elle devient : « Qu’est-ce que ma peur me fait voir ? Qu’est-ce qu’elle me fait faire ? Et est-ce que ce que je fais sous son influence finit par renforcer ce que je redoutais ? »
Certaines peurs doivent donc être écoutées parce qu’elles nous renseignent sur un danger réel. D’autres doivent être interrogées parce qu’elles reposent sur une connaissance fragmentaire de la situation. Certaines nous apprennent également quelque chose sur nos attachements : ce que nous craignons de perdre révèle souvent ce à quoi nous accordons de la valeur.
Mais le problème décisif apparaît ailleurs. À quel moment une peur légitime devient-elle une manière générale de percevoir les situations ? À quel moment une protection utile devient-elle un principe d’existence ? À quel moment cessons-nous de choisir pour commencer à organiser notre vie autour de ce que nous voulons éviter ?
La pratique philosophique : mettre la peur à l’épreuve
La pratique philosophique intervient à cet endroit, elle ne consiste ni à rassurer systématiquement quelqu’un ni à lui expliquer qu’il devrait « dépasser ses peurs » au nom d’un idéal un peu naïf de courage. Elle cherche d’abord à rendre visibles les représentations, les présupposés, les désirs et les raisonnements qui accompagnent la peur. C’est en ce sens qu’elle rejoint la question de savoir si l’on peut éduquer ses émotions.
Par exemple, lorsqu’une personne exprime un désir très fort, on peut examiner ce qu’il signifie pour elle. « Je veux être reconnu. » Pourquoi ? Que se passerait-il si vous ne l’étiez pas ? « Je veux être compris. » Qu’y aurait-il de si grave à ne pas l’être ? « Je veux qu’on m’écoute. » Que concluez-vous lorsque quelqu’un ne vous écoute pas ? Et le fait de ne pas être écouté pourrait-il être une bonne chose ? À travers ces questions, un désir peut révéler la peur qui lui est parfois associée.
Lorsque quelqu’un affirme : « J’ai peur qu’on me juge », on peut demander ce que signifie exactement « être jugé ». Qu’est-ce qui serait si grave dans le fait qu’une personne ait une mauvaise opinion de vous ? Pourquoi son jugement aurait-il autant de pouvoir ? Lorsqu’une personne dit : « J’ai peur d’échouer », il devient possible d’interroger ce que l’échec prouverait réellement. Qu’une tentative n’a pas réussi ? Qu’il faudrait changer de méthode ? Ou bien que la personne elle-même serait un échec ?
Ce travail introduit une distance entre l’affect et la représentation qui le nourrit.
Socrate et la peur d’être mis à nu
La démarche socratique offre ici un modèle particulièrement éclairant. Socrate ne demande pas seulement à ses interlocuteurs ce qu’ils ressentent. Il examine ce qu’ils affirment, met au jour leurs contradictions et interroge les évidences sur lesquelles repose leur discours. Cette démarche comporte une forme de mise à nu. Non pas une mise à nu intime ou confessionnelle, mais une mise à nu de la pensée.
Je peux ainsi me croire courageux et découvrir que mes actes sont largement organisés par la peur du jugement. Je peux me croire indépendant et constater que je passe une part considérable de mon énergie à éviter toute dépendance. Je peux me présenter comme modeste et découvrir que cette modestie me permet aussi d’obtenir l’approbation des autres. Le dialogue philosophique fait alors apparaître un possible écart entre l’image que nous avons de nous-mêmes, les raisons que nous invoquons pour expliquer nos conduites et les présupposés, valeurs ou affects que ces conduites laissent entrevoir.
Cette démarche peut elle-même susciter de la peur. Penser sérieusement implique une certaine exposition. Il faut accepter de ne pas savoir, de se contredire, de voir une hypothèse remise en question ou de découvrir que l’image que nous avons construite de nous-mêmes ne correspond pas exactement à ce que notre manière de penser révèle. C’est une des raisons pour lesquelles il est si difficile de se remettre en question.
De ce point de vue, la démarche socratique ne nous protège pas contre la peur. Elle nous exerce plutôt à supporter ce que beaucoup de nos stratégies cherchent précisément à éviter : l’incertitude, le doute, la vulnérabilité, la perte momentanée de maîtrise ou la remise en question d’une certaine image de soi. Philosopher ne consiste donc peut-être pas à devenir plus sûr de soi, mais à devenir davantage capable de supporter ce qui ébranle nos certitudes sans immédiatement chercher à nous en protéger.
À qui est-il permis de reconnaître sa peur ?
Cela permet de revenir à ce qui nous avait d’abord amusées. Rien n’autorise à penser que les hommes ont moins peur ; mais tout le monde ne paie pas le même prix pour l’admettre. Là où reconnaître sa peur coûte de l’autorité ou du crédit, elle ne disparaît pas : elle devient plus difficile à nommer et se convertit en autre chose, en irritation, en activité, en certitude. La question n’est peut-être donc pas « qui a peur ? », mais « à qui est-il permis de reconnaître sa peur ? ». Car on n’interroge pas une peur qu’on ne s’autorise pas à reconnaître ; s’inscrire à ces deux journées était déjà une réponse partielle…
Quelle vie construisons-nous pour ne plus avoir peur ?
La question « Faut-il écouter ses peurs ou les dépasser ? » se trouve alors déplacée. Il ne s’agit ni de leur obéir ni de les vaincre. Il s’agit d’abord de comprendre la place qu’elles occupent dans notre manière de percevoir, de penser et d’agir.
Le véritable travail pourrait consister à identifier ce que nous craignons, à examiner les représentations qui nourrissent ces craintes, à comprendre les désirs et les attachements auxquels elles sont liées, puis à observer les stratégies que nous avons construites pour nous en protéger. Il resterait ensuite à se demander ce que nous coûtent ces stratégies.
Car nous pouvons tellement organiser notre existence pour éviter la peur que celle-ci finit par décider à notre place. Nous évitons le risque d’être blessés, mais nous évitons aussi certaines relations. Nous évitons l’échec, mais nous cessons d’entreprendre. Nous évitons la dépendance, mais nous refusons certains liens. Nous évitons d’être jugés, mais nous cessons de nous exposer, de nous affirmer et même de penser. La peur a alors cessé d’être seulement une émotion passagère : elle est devenue un principe d’organisation de l’existence.
L’enjeu n’est pas de devenir sans peur : une telle ambition est illusoire et peu souhaitable. Il serait plutôt de devenir suffisamment conscients de nos peurs pour qu’elles cessent d’organiser silencieusement notre manière de vivre.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de se demander : « De quoi ai-je peur ? »
Mais peut-être davantage : « Quelle vie suis-je en train de construire pour ne plus avoir peur ? »
PhilomobilePar Laurence Bouchet
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