top of page

PEUT-ON VIVRE UNE RELATION AMOUREUSE SANS PROJETER ?

  • 18 oct. 2022
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours


Ci-dessous quelques unes des idées qui ont émergé lors d'un atelier philo à Dijon.



Si vous avez envie d’examiner cela seul ou à deux, vous pouvez me contacter et prendre rendez-vous ici : laurencelevant@gmail.com ou 06 10 44 78 59



Peut-on aimer sans projeter ?


Dans la relation amoureuse, la projection semble inévitable. Elle prend au moins deux formes :


1°D’une part, nous projetons sur la relation elle-même – des projets communs, un avenir partagé : acheter une maison, voyager, avoir des enfants.


2° D’autre part, nous projetons sur l’autre : nous lui attribuons des qualités, parfois idéalisées, souvent en lien direct avec nos besoins ou nos manques – sa sensibilité, son intelligence, sa douceur, sa force…



Mais que désigne exactement cette « projection » ? Est-ce une illusion, une anticipation, une lecture du réel à partir de notre désir ? La projection est-elle une forme de malentendu amoureux, ou bien une étape nécessaire de toute rencontre ?


Nous avons tous des attentes, souvent inconscientes. L’autre devient l’écran sur lequel elles se dessinent. Voir l’autre « tel qu’il est » relève peut-être d’un idéal inaccessible. La projection n’est donc pas un problème en soi : elle fait partie de l’amour. Mais elle devient problématique quand elle masque l’autre au point de nous empêcher de le rencontrer vraiment.



Projeter sur la relation : entre avenir rêvé et enfermement

Lorsqu’en couple nous envisageons un projet commun, il est courant de croire que ce projet est réellement partagé. Mais l’est-il ? S’est-on véritablement interrogé sur la motivation de l’autre ? Ou a-t-on simplement supposé qu’il adhérait, parce que cela nous convenait ? À partir de quand convaincre devient-il forcer ?


Il y a ici une tension : vouloir construire l’avenir à deux peut aussi devenir un moyen d’échapper au présent. Aimer, est-ce bâtir l’avenir ou accueillir ce qui est, ici et maintenant ? Mais inversement, quand le présent nous comble, n’est-il pas naturel de désirer que cela dure ? Le projet commun peut alors naître d’un élan sincère, et non d’un besoin de contrôle.

L’amour oscille sans cesse entre l’élan vers l’avenir et l’abandon au présent.



Projeter sur l’autre : entre reconnaissance et dépendance

Quand nous projetons des qualités sur l’autre, ce n’est pas toujours par excès d’admiration désintéressée. Très souvent, cette projection est intéressée : nous voyons en l’autre celui ou celle qui pourrait combler nos manques. J’ai besoin de douceur, donc je crois que tu es doux. J’ai besoin d’écoute, alors je suis persuadé.e que tu es attentif.ve.


Mais dans cette illusion, deux risques surgissent :


  1. La déception : l’autre ne répond pas à ce qu’on attendait de lui. Il ou elle ne peut pas, ne veut pas, ou pas comme nous l'imaginons.

  2. La dépendance affective : nous attachons notre bien-être à une image de l’autre, et non à sa réalité.



Et pourtant, la projection n’est pas toujours un piège. Elle peut aussi être une parole féconde. C’est parce qu’on croit en quelqu’un qu’il peut se mettre à croire en lui. L’exemple de Pierre, devenu magicien professionnel, en témoigne. Un jour, un ami lui a dit : « toi aussi, tu es magicien ». Cette parole devient un déclencheur, une prophétie auto-réalisatrice.

Mais cela ne marche que si la qualité projetée dort déjà quelque part en nous. Sinon, on ne fait que jouer un rôle pour plaire, jusqu’à l’épuisement – et parfois jusqu’à la perte de soi.



Quand l’autre ne peut pas devenir ce qu’on voit en lui


Et si l’autre ne veut pas, ou ne peut pas, correspondre à nos projections ? Le récit d’Éric en témoigne : il aimait une femme qu’il pensait pouvoir accompagner dans son projet professionnel. Il croyait en elle, plus qu’elle-même. Mais elle ne parvint jamais à croire en elle, à se lancer. L’amour d’Éric n’a pas suffi. Peut-être l’a-t-il même involontairement enfermée dans une attente écrasante. La relation n’a pas tenu.


Alors une autre question surgit :

Est-ce que l’amour peut survivre à la chute des projections ?


Aimer sans projet, sans projection, est-ce possible ?

Une idée forte est apparue lors de notre échange : il serait possible d’aimer sans projet, sans projection, quand la relation n’existe plus – lorsque le lien est rompu ou que la personne est morte. L’amour continue d’exister, sans attente. Il devient un souvenir vivant, une présence intérieure, mais sans demande.


Est-ce quand l’autre est absent qu’on cesse de projeter sur lui ?

Et si oui, alors peut-on vraiment aimer un vivant sans le plier à nos désirs, sans l’enrôler dans nos scénarios ? Peut-on aimer sans espérer, sans vouloir, sans attendre ?



Penser ce que l’on projette (ou ce que l’on évite de voir)


Ces questions ne sont pas seulement théoriques.

Elles se vivent concrètement : dans l’attente, dans le doute, dans les déceptions, dans l’espoir aussi.


On peut rester longtemps dans ces tensions sans parvenir à y voir clair.

Parce que seul, on tourne souvent autour des mêmes idées.


Vous vous reconnaissez dans ces situations ?


  • Vous avez du mal à distinguer l’autre de ce que vous attendez de lui ?

  • Vous hésitez entre attachement sincère et illusion ?

  • Vous avez l’impression de répéter les mêmes schémas dans vos relations ?



Ces difficultés ne disparaissent pas d’elles-mêmes.

Elles demandent à être examinées, mises à l’épreuve, clarifiées.


C’est ce que permet la consultation philosophique.


Un espace pour :


  • interroger ce que vous projetez

  • mettre en lumière vos présupposés

  • distinguer ce que vous croyez, ce que vous voulez, et ce qui est


Merci à Christophe, Pierre, Lucille, Isabelle, Claire, Florence, Éric, Laurence, Myram, Andréa, Florence, Pascale pour leurs idées lors de cet atelier philo.


Vous vous êtes peut-être reconnu dans ces mécanismes.

Mais dans votre relation, qu’est-ce qui relève de la réalité… et qu’est-ce qui relève de vos projections ?


Comprendre ces dynamiques ne suffit pas toujours.

Les voir à l’œuvre dans sa propre relation est une autre étape.


👉 C’est précisément ce que permet une consultation philosophique (seul ou à deux).










 
 
 

Commentaires


Suivez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square
bottom of page