SE TROMPER.


Généralement nous défendons nos convictions, nous n'avons pas appris à nous tromper. Cela introduit de la lourdeur dans nos propos et nous rend incapables de les examiner d’un autre point de vue, d’en comprendre la limite ou de les remettre en question.

Les conversations prennent alors un tour dramatique, comme si au lieu de réfléchir avec l’autre, chacun avait quelque chose à défendre, comme si dans son propos tout son être était en jeu et que la critique pouvait faire vaciller toute sa personne.

Nous ne percevons pas l’objection comme une occasion de réfléchir mais comme une attaque et au lieu de mettre notre intelligence en action, c’est avec peur ou colère que nous réagissons. L’échange devient alors une question de survie et perd toute gratuité.

Ne devrait-on pas apprendre à se tromper dès le plus jeune âge ? Non pas en disant à l’enfant « tu te trompes, ce n’est pas grave tu vas trouver maintenant la réponse juste, celle qui est attendue » mais en lui apprenant à examiner la validité de sa réponse, en l'examinant avec lui, en le conduisant à la comparer avec d’autres réponses qu’il propose ou avec les réponses d’autres enfants. Qu’est-ce en effet qu’une erreur sinon une hypothèse qui ne fonctionne pas ? L’exercice devient alors une enquête dans laquelle le sujet s’oublie au profit de ce qu’il cherche. Il n’a plus à se défendre avec angoisse, il n’a plus à prouver qu’il répond à une attente qui lui permettra d’être aimé ou reconnu mais il prend plaisir à fabriquer diverses hypothèses, à les comparer et à cheminer ainsi vers une vérité toujours en construction.


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